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Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /Juil /2008 13:58

                                                                      (Céline, Voyage au bout de la nuit)

Me voilà bientôt, après 21 années d’une vie paisible et sans encombre, propulsé dans un monde inconnu : l’Asie, la Thaïlande, les Karens… Je l’ai voulu ! Je l’ai désiré et attendu cet instant. Et le voilà enfin ! Les premiers instants du séjour m’attendent à Maesot. Thomas, volontaire sur place en poste depuis un an, me transmettra le flambeau du « bambou », et me prodiguera de précieux conseils quant à la façon de gérer ma mission. Et tout sera à découvrir…

Je voudrais, en quelques mots, vous livrer mes impressions tout au long de l’année, immortaliser des instants de vie, des visages, des voyages…

Je ne veux rien perdre de l’émerveillement des premiers jours. Ils sont comme la rosée qui se dépose sur une plaine endormie, que seul remarque le voyageur matinal aux aurores d’une longue journée. Sous un soleil encore fragile se découvre alors un paysage nouveau, scintillant de milles petites gouttelettes. Mais la fraîcheur de l’enfance ne dure pas, érodée par l’imperturbable altération du temps. Peu à peu l’étoile solaire irradie ce monde enchanté. Et la rosée se retire… La prairie n’est plus qu’un immense drap monochrome. L’éclat argenté d’un monde naissant s’est perdu dans la monotonie des jours…

 Puissent donc les quelques billets qui suivront, cristalliser l’émoi d’une éternelle jeunesse.

À vous tous qui m’avez soutenu et encouragé, à ceux qui ont rêvé avec moi, merci !
                        Et … Bienvenue en terre karenne !

Par Etienne Quillet
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 18:31
 

Deux semaines à peine. Mais le temps déjà s'accélère et se rompt comme bon lui semble. Tout va très vite, et j’ai du mal déjà à garder en mémoire les sensations, les odeurs, les coutumes, les visages, le bruit… Bref, tout ce qui fera d’ici peu mon quotidien.

Je ne commencerai pas par le début, car comme tout ceux qui sont passés avant moi, je ne sais par où commencer. Voici donc un petit parcours en image d’une quinzaine haute en couleur. Quelques petits commentaires feront le reste.






Pour mon premier jour en Asie,  Thomas mon prédecesseur, m'avait prévu une journée en Birmanie. Après douze heures de bus et une bonne heure de galère avec les douanes thaïlandaises et birmanes, pour lesquelles la "coopération" est décidément un bien étrange mot, nous passons à Tachilek. De là nous nous rendons à Yangon Village. Nous rencontrons le responsable du programme, et passons l'après-midi à visiter. Retour le soir même, fermeture de la frontière oblige : nous louons une chambre dans une guest house à Mae Sai.


Comité d'accueil dans une des nurserys d'un des villages du programme.


Maisons en bambous et toit de feuilles. Routes et basse-cours en terre rouge. Une faune humide et verte.








Visages d'enfants birmans, poudrés au Tanaka.









Retour en Thaïlande, à Mae Sot. Apprentissage de la moto. Découverte de la ville : un charmant foutoir ! Découverte de la cuisine thaïe. Visite de Pagode. Formation sur les différents programmes... Un tuilage chargé donc, avec notamment, l'expédition au village de Houey Nam Yen (transistiooon !):


Après une bonne heure de route et de piste en pickup, nous nous arrêtons et prenons nos affaires pour traverser la rivière. Le pont principal est cassé depuis deux ans.



"May pen ray" (ce n'est pas grave), nous emprunterons l'autre !



L'autre "pont".

En pleine saison des pluies, nous ne pouvons passer qu'à pied. Nous passons donc, sans encombre pour cette fois. Mais je ne perds rien pour attendre. Le lendemain, huit heures, sous une pluie battant, de nuit sur ce même pont, une planche céde sous mes pied, et je me retrouve balancé à la flotte jusqu'aux épaules. Pas de dégâts. Souvenirs, souvenirs...



Un pick up nous attend sur l'autre rive. Une demi-heure de piste. On descend à Houey Nam Hom ("le petit ruisseau d'eau parfumée"). Les voitures ne passent plus, il faut donc marcher : trois heures dans la jugle et la boue.









 








Arrivée à Houey Nam Yen. "Le petit ruisseau d'eau fraîche" est ce jour-là devenu un torrent d'eau et un tapis de boue.


Petite surprise : deux vaches se sont battues. On a dû en abattre une. Un bon repas en perspective !














Diner et soirée chez les Karens. J'en reparlerai.


Le lendemain nous visitons l'école.














Les enfants...



Et enfin les professeurs pour un point sur la situation du village, des élèves, et de l'école.









Retour pour Mae Sot en début d'après midi. Nous arrivons à 22 h...




Mais je crois que ça commence à être long. Et pourtant, je n'ai mis là que quelques souvenirs parmi déjà beaucoup d'autres!

Je suis en ce moment à Bangkok, pour suivre trois semaines de cours de thaï. J'aurai donc le temps d'en écrire un peu plus (j'ai encore ce qu'il faut en stock!)

A suivre...

Par Etienne Quillet
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Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /Août /2008 09:53

Avant le départ déjà, se posait la question de mon futur logement.

Isaure puis Thomas (et moi pendant les deux semaines du tuilage) ont vécu dans ce que certaines mauvaises langues appellent « le garage », mais qui est en fait un charmant petit appartement. La quiétude de la vie là-bas n’est troublée que par quelques hurlements de chiens la nuit, quelques gloussements de tukkee (les lézards du coin), le passage discret des blattes baladeuses, et la visite quotidienne du chien de la voisine. Côté confort, on a les toilettes (à la thaïe, c’est-à-dire sans trône) le carrelage, et le pommeau de douche. Le grand luxe autrement dit. Sans parler du Wi-fi d’en face, qui arrive jusqu’ici, et la proximité de tout ce dont on a besoin dans Mae Sot.

Mais « la jeunesse qui se borne au logis a toujours l'esprit borné », écrivait le bon vieux Shakespeare. Fort des conseils du bonhomme, j’ai donc décidé de me déborner, et de sortir un peu de Mae Sot, afin de partager le quotidien des Karens. J’ai donc prospecté, après être passé boire un coup chez mon pote Benoît Desforêts, qui entre deux verres d’alcool de riz me glissa au creux de l’oreille : « Qu’importe chemin douloureux à qui trouve logis accueillant ».

Suivant scrupuleusement ces conseils, après quelques discussions et pourparlers, j’ai opté pour une bucolique petite maison, à Padeen (lmot à mot « jungle rouge »), petit village Karen situé à environ une demi-heure de Mae Sot. Voici mon nouveau logis : douloureux, donc accueillant !




 


Par Etienne Quillet
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Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /Août /2008 13:39

Après cette gentille plaisanterie, vous apprécierez sans doute l'incommensurable confort de ma nouvelle demeure :


C'est une maison typique Karenne. Le toit en feuille, qui permet de conserver un peu de fraîcheur en saison sèche. Le plancher est en bois sauf dans la "cuisine" (photo ci-dessous). Les murs intérieurs de la chambre sont en bambou, et les murs extérieurs en bois.















Les toilettes, à une dizaine de mètres de l'entrée :


Pour ce qui est de la cuisine, je me la fais moi-même, où bien j'irai à Mae Sot, ou bien encore (et c'est là le point le plus important), je me rendrais à une centaine de mètres de chez moi dans le foyers de jeunes enfants Karen pour y dîner. Ils sont une trentaine, et un jeune volontaire français dirigera le foyer. Il y a aussi l'électricité dans la maison.

Bref, j'ai vraiment là une situation idéale, qui me permet d'avoir tout à portée de moto, et en même temps de pouvoir passer du temps avec des jeunes et des locaux en rentrant de mission.

Thomas et moi avons d'ailleurs inauguré la "bamboo house", pas encore meublée, avec ma première soirée (je régalais pour l'occasion, évidemment) et ma première nuit là

 


Au final, c'est une belle aventure, un alléchant "jungle trip" qui devrait m'attendre. Tout cela grâce notamment aux encouragements du Pado Alan et de Thomas, de la disponibilité de Wathit, sans oublier l'indispensable concours de ces chers Shakespeare et Desforêts.

Je vous laisse par ailleurs méditer cette profonde pensée de mon vénérable maître Tchouang Tseu:

" Les pattes du canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien "

Par Etienne Quillet
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 10:23

Bangkok ! Krung Thep Mahanakhon (กรุงเทพมหานค), « ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d'émeraude, ville imprenable du dieu Indra, grande capitale du monde ciselée de neuf pierres précieuses, ville heureuse, généreuse dans l'énorme Palais Royal pareil à la demeure céleste, règne du dieu réincarné, ville dédiée à Indra et construite par Vishnukarn », de son petit nom…

Des longues et larges artères qui la sillonnent, s’échappent désorganisés des milliers de capillaires, plus ou moins longs, plus ou moins étroits, plus ou moins sales.









Bangkok vit. Mais Bangkok étouffe. Bangkok pue. Le refoulement des gaz aux heures de pointe. Les vieilles eaux serpentant le long des soï (rues partant des grandes avenues). L’air ! L’air ! Il n’y en a pas…

 

 

 

 

 

Mais voilà, la cité des anges, occidentalisée, polluée, bétonnée, a toujours renoncé à se défaire de du charme d’une ville asiatique. Toujours ce foutoir, ces inextricables mélanges auxquels nous ne comprenons rien. Sorte de mets dont nous ne conservons que le goût, sans jamais pouvoir l’identifier. Pourquoi chercher à expliquer l’inexplicable ? C’est délicieux ! C’est tout. Le petit boui-boui caché derrière un marché sans cohérence apparente, les temples bouddhistes, les touk-touk, les centaines de personnes au parc Lumpini, rassemblées sur un fond de techno thaï pour la séance d’aérobic du soir, le Chatuchak (marché du week-end), les bonzes, les marchands de bricoles en tout genre, les petits écoliers en chemise blanche et bermuda bleu ou jupe plissée. Et les sourires ! L’harmonie, toujours l’harmonie… L’hymne aussi. L’hymne à sa majesté. Tout le monde s’arrête, joggeurs compris. La ville entière, bras le long du corps, cesse de respirer le temps d’une parenthèse quotidienne ouverte pour le souverain, et aussitôt refermée.

Bref (ce mot revient souvent, mais il y a tant de choses à dire), il faut avoir vu Bangkok : grand corps à l’agonie, pourtant débordant de vie.

Quant à moi dans tout ça, je me ballade, je suis mes cours de thaï plutôt sérieusement, et je commence à me préparer au grand saut, prévu pour vendredi...

Photos en vrac :

 

 

 

 

Par Etienne Quillet
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