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  • : Quelques articles et photos d'un volontaire chez les Karens de Thaïlande et de Birmanie (Etienne Quillet, coordinateur de programmes pour l'association Enfants du Mékong) etiennequillet@gmail.com
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  • : Etienne Quillet
  • : 02/07/1987
  • : Thailände Maesot

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Jeudi 24 juillet 2008

                                                                      (Céline, Voyage au bout de la nuit)

Me voilà bientôt, après 21 années d’une vie paisible et sans encombre, propulsé dans un monde inconnu : l’Asie, la Thaïlande, les Karens… Je l’ai voulu ! Je l’ai désiré et attendu cet instant. Et le voilà enfin ! Les premiers instants du séjour m’attendent à Maesot. Thomas, volontaire sur place en poste depuis un an, me transmettra le flambeau du « bambou », et me prodiguera de précieux conseils quant à la façon de gérer ma mission. Et tout sera à découvrir…

Je voudrais, en quelques mots, vous livrer mes impressions tout au long de l’année, immortaliser des instants de vie, des visages, des voyages…

Je ne veux rien perdre de l’émerveillement des premiers jours. Ils sont comme la rosée qui se dépose sur une plaine endormie, que seul remarque le voyageur matinal aux aurores d’une longue journée. Sous un soleil encore fragile se découvre alors un paysage nouveau, scintillant de milles petites gouttelettes. Mais la fraîcheur de l’enfance ne dure pas, érodée par l’imperturbable altération du temps. Peu à peu l’étoile solaire irradie ce monde enchanté. Et la rosée se retire… La prairie n’est plus qu’un immense drap monochrome. L’éclat argenté d’un monde naissant s’est perdu dans la monotonie des jours…

 Puissent donc les quelques billets qui suivront, cristalliser l’émoi d’une éternelle jeunesse.

À vous tous qui m’avez soutenu et encouragé, à ceux qui ont rêvé avec moi, merci !
                        Et … Bienvenue en terre karenne !

par Etienne Quillet
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Jeudi 24 juillet 2008

 

Passé le lyrisme et l’emphase du premier article, je vous propose, extraite de mon dossier de financement, une petite présentation de ma mission, des Karens, ainsi que de la promo des volontaires bambou 2008.

 

Ma mission

 

Le poste qui m’a été attribué pour l’année 2008 – 2009 est : coordinateur de programmes de parrainage pour les Karens en Thaïlande et en BIrmanie, avec prospection en Birmanie.  


Logement à Mae Sot ou dans les environs : ville située au nord-ouest de Bangkok à la frontière avec la Birmanie


Fondée au Laos par René PECHARD, en 1958, l’association Enfants du Mékong a pour objectif de venir en aide aux jeunes du Sud Est asiatique et leur famille, par le biais de parrainages individuels ou collectifs.

Le système de parrainage scolaire permet de sauver le maximum d'enfants de la prostitution, de la drogue, de l'enfer de la rue, du déracinement et de la décharge.

Les parrainages sont regroupés dans des programmes, que dirige un responsable local, et que visite régulièrement le bambou (le volontaire) sur place

 







Ø
     
La coordination 

§         La coordination en Thaïlande :

Le volontaire, travaille sur 13 programmes thaïlandais répartis sur une zone de 250 km environ. La majorité d’entre eux concerne les enfants Karens des montagnes. Mais d’autres sont situés proches de Maesot, dans des villages hors des montagnes.


§         La coordination en Birmanie :

Le volontaire est responsable de la coordination de l’ensemble des programmes de Birmanie. Il existe actuellement 13 programmes dans ce pays. Le volontaire en coordonne 12 directement :

Les tâches du coordinateur

§         Gestion, suivi, et distribution des parrainages

§         Écoute des besoins éducatifs particuliers à la région. Le coordinateur réfléchit de concert avec les responsables locaux sur les moyens à mettre en place pour y répondre.

§         Décisions concernant la création, la poursuite, ou l’arrêt d’un programme de parrainage.

§         Visite et rencontre des filleuls et des familles dans les programmes.

§         Vérification des comptes des programmes, de la régularité des courriers des filleuls et de la gestion saine des programmes

§         Audit et conseils : rédaction de rapports pour les parrains et pour l’équipe du siège d’Enfants du Mékong, soutien aux responsables locaux dans la gestion de leurs programmes

§         Représentation de l’association auprès des responsables locaux et des visiteurs (parrains, donateurs, salariés de l’association en mission) qu’il accueille et accompagne dans leurs déplacements

§         Interlocuteur pour le parrain, relayé par le centre national en France. Il répond aux questions soulevées par le Service Parrainage.

§         Aide et soutien aux actions d’aide et de développement mises en place pour les jeunes Karens par la Fondation TBCAF (Tak Border Child Education Foundation) basée à Mae Sot.

 

Ø      La prospection

Le lieu de la mission de prospection

En Birmanie, où Enfants du Mékong a déjà ouvert quelques programmes de parrainages dans les trois dernières années.

Le but de la prospection

Se rendre auprès des Karens de Birmanie et y réaliser un « état des lieux », afin de déterminer, après concertation avec le siège de l’association, l’opportunité et la nécessité d’ouvrir des programmes supplémentaires dans ces régions.

 

Les Karens

Histoire

Venus il y a très longtemps du nord de l’Asie, sans cesse repoussés, du Turkestan au désert de Gobi, puis au sud de la Chine, et enfin en Birmanie et en Thaïlande, les Karens se sont installés des deux côtés de la frontière entre ces deux pays. Ils sont environ 4,5 millions en Birmanie et 500 000 en Thaïlande (dont près de 100000 vivent dans les 8 camps de réfugiés  ouverts en 1984), où ils constituent la plus importante des tribus du Nord.

 

Mode de vie

Les Karens vivent en quasi-autarcie : ils tissent eux-mêmes leurs tenues traditionnelles et fabriquent un certain nombre d’objets usuels en vannerie.

Par ailleurs, les Karens sont pacifiques, extrêmement accueillants, attachés à leurs traditions et à leur culture, et ont un grand sens de la famille.

 

Habitat

La plus grande partie des populations Karen habite dans les montagnes, dans des villages reculés et isolés le long de la frontière birmane. Ils construisent eux-mêmes leurs maisons (sur pilotis, en bois ou en bambou), dont ils doivent refaire le toit tous les deux ans.

 

Langue et Religion

Les Karens sont principalement animistes, et parlent la langue karen.

 

 

 

Les Bambous

 

Et voici le cru EDM 2008, au complet ! A gauche Yves Meaudre, Directeur Général, et quatrième en partant de la droite : François Foucard, Président. Le reste ? Une ribambelle de « bambous » venant tout juste de signer leur contrat !

Roulez jeunesse !

 

 





















Sans oublier la fameuse couturière !...



par Etienne Quillet
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Mercredi 13 août 2008
 

Deux semaines à peine. Mais le temps déjà s'accélère et se rompt comme bon lui semble. Tout va très vite, et j’ai du mal déjà à garder en mémoire les sensations, les odeurs, les coutumes, les visages, le bruit… Bref, tout ce qui fera d’ici peu mon quotidien.

Je ne commencerai pas par le début, car comme tout ceux qui sont passés avant moi, je ne sais par où commencer. Voici donc un petit parcours en image d’une quinzaine haute en couleur. Quelques petits commentaires feront le reste.






Pour mon premier jour en Asie,  Thomas mon prédecesseur, m'avait prévu une journée en Birmanie. Après douze heures de bus et une bonne heure de galère avec les douanes thaïlandaises et birmanes, pour lesquelles la "coopération" est décidément un bien étrange mot, nous passons à Tachilek. De là nous nous rendons à Yangon Village. Nous rencontrons le responsable du programme, et passons l'après-midi à visiter. Retour le soir même, fermeture de la frontière oblige : nous louons une chambre dans une guest house à Mae Sai.


Comité d'accueil dans une des nurserys d'un des villages du programme.


Maisons en bambous et toit de feuilles. Routes et basse-cours en terre rouge. Une faune humide et verte.








Visages d'enfants birmans, poudrés au Tanaka.









Retour en Thaïlande, à Mae Sot. Apprentissage de la moto. Découverte de la ville : un charmant foutoir ! Découverte de la cuisine thaïe. Visite de Pagode. Formation sur les différents programmes... Un tuilage chargé donc, avec notamment, l'expédition au village de Houey Nam Yen (transistiooon !):


Après une bonne heure de route et de piste en pickup, nous nous arrêtons et prenons nos affaires pour traverser la rivière. Le pont principal est cassé depuis deux ans.



"May pen ray" (ce n'est pas grave), nous emprunterons l'autre !



L'autre "pont".

En pleine saison des pluies, nous ne pouvons passer qu'à pied. Nous passons donc, sans encombre pour cette fois. Mais je ne perds rien pour attendre. Le lendemain, huit heures, sous une pluie battant, de nuit sur ce même pont, une planche céde sous mes pied, et je me retrouve balancé à la flotte jusqu'aux épaules. Pas de dégâts. Souvenirs, souvenirs...



Un pick up nous attend sur l'autre rive. Une demi-heure de piste. On descend à Houey Nam Hom ("le petit ruisseau d'eau parfumée"). Les voitures ne passent plus, il faut donc marcher : trois heures dans la jugle et la boue.









 








Arrivée à Houey Nam Yen. "Le petit ruisseau d'eau fraîche" est ce jour-là devenu un torrent d'eau et un tapis de boue.


Petite surprise : deux vaches se sont battues. On a dû en abattre une. Un bon repas en perspective !














Diner et soirée chez les Karens. J'en reparlerai.


Le lendemain nous visitons l'école.














Les enfants...



Et enfin les professeurs pour un point sur la situation du village, des élèves, et de l'école.









Retour pour Mae Sot en début d'après midi. Nous arrivons à 22 h...




Mais je crois que ça commence à être long. Et pourtant, je n'ai mis là que quelques souvenirs parmi déjà beaucoup d'autres!

Je suis en ce moment à Bangkok, pour suivre trois semaines de cours de thaï. J'aurai donc le temps d'en écrire un peu plus (j'ai encore ce qu'il faut en stock!)

A suivre...

par Etienne Quillet
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Samedi 16 août 2008

Avant le départ déjà, se posait la question de mon futur logement.

Isaure puis Thomas (et moi pendant les deux semaines du tuilage) ont vécu dans ce que certaines mauvaises langues appellent « le garage », mais qui est en fait un charmant petit appartement. La quiétude de la vie là-bas n’est troublée que par quelques hurlements de chiens la nuit, quelques gloussements de tukkee (les lézards du coin), le passage discret des blattes baladeuses, et la visite quotidienne du chien de la voisine. Côté confort, on a les toilettes (à la thaïe, c’est-à-dire sans trône) le carrelage, et le pommeau de douche. Le grand luxe autrement dit. Sans parler du Wi-fi d’en face, qui arrive jusqu’ici, et la proximité de tout ce dont on a besoin dans Mae Sot.

Mais « la jeunesse qui se borne au logis a toujours l'esprit borné », écrivait le bon vieux Shakespeare. Fort des conseils du bonhomme, j’ai donc décidé de me déborner, et de sortir un peu de Mae Sot, afin de partager le quotidien des Karens. J’ai donc prospecté, après être passé boire un coup chez mon pote Benoît Desforêts, qui entre deux verres d’alcool de riz me glissa au creux de l’oreille : « Qu’importe chemin douloureux à qui trouve logis accueillant ».

Suivant scrupuleusement ces conseils, après quelques discussions et pourparlers, j’ai opté pour une bucolique petite maison, à Padeen (lmot à mot « jungle rouge »), petit village Karen situé à environ une demi-heure de Mae Sot. Voici mon nouveau logis : douloureux, donc accueillant !